Présentation

Lundi 16 Janvier 2006

La galerie de la Jonquière presente:

Pierre Borker ( Responsable de la programmation ), Clémentine Autain ( Adjointe au maire de Paris Chargée de la jeunesse) et Micheline Verschaeve (presidente de l'association Loisirs Animation Epinettes ) vous invite à l'exposition de  CHARLES PEPIOT   4-23 fevrier 2006  .  88 rue de la Jonquière 75017 Paris. metro Guy Moquet. ouverture de 10h à 21h du lundi au vendredi et de 10h à 19h le samedi , .Vernissage le lundi 6 fevrier de 19h à 21h

 

"L'AMERIQUE" : je veux l' avoir et je l' aurais" par Charles PEPIOT tirée de la serie "hommage à l' amerique" 146x97 acrylique sur toile 2005


La demarche de Charles Pépiot est portée sur notre vie contemporaine, c’est notre société qui est bien sur sa plus grande source d'inspiration, la mondialisation, la manipulation, le detournement de l'image ou du son à des fins de révolution permanente car c' est la reflexion la plus lucide aujourd hui, le bombardement des consciences par l’image omniprésente et agressive, la "société marchande de spectacle" qui nous transforme nous aussi en "objet marchandise», l’argent, la sacro sainte télévision, tout ce que l’on déteste et qui pourtant nous constituent. Il s'agit, bien entendu, de passer au-delà de toute idée de scandale, le but n'est pas spectaculaire. Quel positionnement apres Guy Debord?
Son travail se place entre le propos anthropologique de l’ artiste Cady Noland, et l’ émotif esthétique ironique de la peinture allemande, ses photos se situes entre la brutalité de Nan Golding et l'esthetique de la photo de vacances.
 
Fadièz  Obadia

Le travail photographique de Charles Pépiot aborde une proposition de notre vie contemporaine sous un angle de dérision, parfois de tragique, qui passent des portraits de jeunes dans des rassemblements théâtraux ou musicaux, aux froideurs monumentales des immeubles de l’ex R.D.A ou l‘humain n’apparaît dans le cadre que de façon anonyme et furtive, des usines désaffectées en plein Berlin est, et, aux mannequins désabusés derrière les vitrines parisiennes, mais sans omettre d’y incorporer un zest de cynisme, une touche d’humour qui ne saute pas aux yeux au premier regard, il faut en voir plusieurs, pour extraire la substantielle essence humaine , qui se dégage de son travail dans sa globalité, et pour en comprendre qu’il instaure entre elles un jeu dialectique,
Toujours empreint d’un certain détachement face aux éléments architecturaux, et, au contraire, d’une profonde intrusion dans l’intimité des personnes qu’il prend en photo, souvent témoin d’une jeunesse, sans reperds, qui traduit l' attribut de notre époque, enfants d’une société emplie de doute, en plein questionnement sans réponses face a la tragique réalité ou l’individualisme à renversé l’individu, qui l’empêche, lui interdit même de se trouver, d‘accomplir sa tache primordiale : la découverte de son soi véritable, au profit aujourdhui d’un soi mimétique, faussé, biaisé, forcé par l’image devenue religion.
Dans son travail des paysages urbains, sur Paris et Berlin, la confusion demeure parfois, mais souvent la rupture est nette, Berlin en pleine restructuration, en renaissance, en émulsion, marqué par la séparation, puis la réunion des deux parties sectionnées, une ville cosmopolite, qui abritent multiples individus se mouvant, entres chantiers, usines désaffectées, et un réseau d’eau en pleine rue, Berlin les tripes à l’air, architecture de l’est, et building de l’ouest se toisent, s’affrontent du regard, les statues de l’ère communiste résistent aux vents de l’ouest, qui les transforment en antiquités, témoins d’une histoire du XXeme siècle, pas encore oubliée, justification du doute.
S’il prend parti, c’est une posture politique par rapport à l’image, sa photographie est subjective, toujours à l‘opposée du pathos, de l‘éloquence, elle n’en reste pas moins le récit d’un angle de notre monde, sans jugement, mais apportant des questionnements, des doutes quand au destin de notre civilisation, globalisée, universelle, toujours plus nombriliste, et pourtant se fissurant, tombant en ruines à certains endroits.
Quand il prend en photo un immeuble de l‘ouest ou de l‘est, en s’attachant à capturer la simplicité des formes de ce bloque, imposant, fier, solide, c’est un peu l’image ne notre société qui est décrite, c’est la théâtralisation de l’urbanisme dans une pièce tragique, qui interpelle le spectateur, dégageant une force poétique, une arrogance dans sa structure, dans son infrastructure, dans le façonnage, presque dictatorial, c‘est la face visible; et derrière ce décors , des immeubles en abandon, ou des usines, couverts de graphitis, sur des terrains en friches, la nature humaine et la nature tout court reprend le dessus, comme pour rappeler que tous les monuments , tous les empires se décomposent, s’effritent, sont donc éphémères, quand ceux qui les dirigent ont perdus la partie.
Tristes, mélancoliques pour les nostalgiques, effrayantes, cyniques, ces photos sont pourtant chargées d’un espoir, du reve, de la transformation de notre monde, puisque le pire à été façonné , nos mains peuvent reconstruire le meilleur.

Texte de Alice Maar.
site web de Charles Pépiot  http://charlespepiot.free.fr

publié par Obadia Fadièz dans: expodelajonquiere.charles.pepiot
Fais tourner ce blog

Commentaire

Pas de commentaire :(

Ajouter un commentaire
Créer un blog sur i-clic.net - Contact - C.G.U. - Reporter un abus